Le pontage coronarien à l'Infirmerie Protestante

Artères coronaires et coronaropathies

Les artères coronaires sont les artères qui irriguent le coeur. Elles entourent le coeur et se divisent en plusieurs branches afin de le vasculariser en totalité. Le sang qu’elles lui apportent contient l’oxygène dont le muscle cardiaque a besoin pour fonctionner normalement.

La principale pathologie des artères coronaires est la sténose coronarienne : c’est le rétrécissement du diamètre des artères, dû à des dépôts de graisse sous forme de plaques sur la paroi des artères (athérosclérose). Elle entraîne une ischémie du muscle cardiaque (le coeur ne reçoit plus assez d’oxygène) et provoque des douleurs thoraciques à l’effort : on parle d’une angine de poitrine ou angor.

Lorsqu’une artère coronaire se bouche brutalement, le territoire du muscle cardiaque irrigué par cette artère ne reçoit plus d’oxygène et se nécrose : c’est l’infarctus du myocarde.

Cette obstruction de l’artère coronaire peut être due à différents facteurs : antécédents familiaux, âge, excès de cholestérol, hypertension artérielle, diabète, surpoids, tabagisme…

Le pontage coronarien ou P.A.C (Pontage Aorto-Coronarien)

Qu’est-ce qu’un pontage coronarien ?

Encore appelé simplement « pontage », cet acte de chirurgie cardiaque consiste à effectuer une dérivation de la circulation sanguine pour contourner la partie atteinte de l’artère coronaire. Cette dérivation est pratiquée au moyen d’une autogreffe : une artère ou une veine saine du patient est prélevée à un autre endroit du corps et utilisée pour contourner la partie malade en déviant le sang jusqu’à la partie de l’artère coronaire située en aval des lésions. Le prélèvement de ce vaisseau sanguin (généralement la veine saphène de la jambe ou une artère mammaire interne du thorax) ne constitue pas un danger pour le malade opéré.

Au cours d’une même intervention, plusieurs pontages peuvent être réalisés en fonction du nombre de sténoses de l’artère coronaire : simple, double, triple, quadruple ou quintuple pontage. Le nombre de pontages n’est pas lié à la gravité de la pathologie.

Quand pratique-t-on un pontage ?

Le pontage coronarien est indiqué pour les patients souffrant de sténoses coronariennes et d’angines de poitrine graves. Il permet de soulager les douleurs en découlant, de réduire la fatigue, de diminuer les prescriptions médicales et de prévenir les infarctus du myocarde. Il augmente l’espérance de vie des patients atteints de coronaropathies.

Cette intervention est proposée lorsque les traitements médicamenteux sont inefficaces et lorsque les traitements chirurgicaux alternatifs (angioplastie ou stents) ne sont pas envisageables.

Pontage coronarien à l'Infirmerie Protestante

Le déroulement

Le pontage coronarien est effectué sous anesthésie générale. C’est une intervention qui dure entre 2 et 6 heures en fonction du nombre de pontages réalisés et de l’état cardiaque du patient.

Le sternum est ouvert pour accéder au coeur et aux artères et une circulation extracorporelle (C.E.C.) mise en place (dérivation de la circulation sanguine dans une machine coeur-poumons). Le greffon est ainsi raccordé de manière à détourner le sang de la partie obstruée de l’artère coronaire.

Le patient est ensuite placé en unité de soins intensifs pendant au moins 24h puis il est transféré dans le service de cardiologie. La durée totale d’hospitalisation pour un pontage est généralement d’une à deux semaines.

Les suites

Après l’intervention, un traitement anticoagulant est prescrit. Dans le mois suivant l’intervention, une prise en charge dans un centre spécialisé est recommandée pour se réadapter à l’effort.

Un suivi médical sera mis en place avec le cardiologue. Il est nécessaire de bien surveiller le taux de cholestérol, le diabète ou l’hypertension.

Une bonne hygiène de vie est recommandée pour éviter les récidives :

  • pratique régulière d’exercice physique
  • alimentation saine et pauvre en graisses saturées
  • arrêt total du tabac pour les fumeurs

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