Semaine Nationale de la Dénutrition (Interview)

12/11/2020
La dénutrition est une maladie silencieuse qui touche 2 millions de personnes en France. 30% des personnes hospitalisées sont dénutries.  Une perte de poids même de 3 kg, peut être un signe d’alerte.Mais au-delà : une perte de poids de 5% en 1 mois ou 10% en 6 mois est un critère de dénutrition.

La première édition de la Semaine nationale de la Dénutrition se déroule du 12 au 19 novembre 2020. L’Infirmerie Protestante est heureuse d'y participer activement. Nous avons rencontré Maud Marchand, diététicienne de l'Infirmerie Protestante, qui nous en dit plus sur cette maladie mal connue :

Maud Marchand, qu’appelle t’on « dénutrition » ?

On est dénutri quand on ne mange pas assez par rapport à ses besoins, parfois même sans s’en rendre compte.
Plusieurs raisons peuvent provoquer ce phénomène : présence de nausées et/ou vomissements, troubles du transit, perte d’appétit, isolement social, dépression, difficulté à l’accès à la nourriture, maladie chronique ou aiguë, prise de médicaments, difficulté de mastication …
On perd alors du poids, des muscles et de la force. La dénutrition touche des personnes de tous les âges : enfants, adultes et personnes âgées.

Pourquoi cela peut-il être grave ?

En perdant du poids, nous devenons plus sensibles aux infections.
Une perte de muscle même minime peut entrainer un affaiblissement physique : perte de force, difficulté à la marche, chute, fracture …
Associé à cette dénutrition, il peut y avoir un risque d’aggravation des maladies chroniques et de dépendance.

Comment prévenir la dénutrition ?

Pour prévenir cette maladie, il faut avant tout bien s’alimenter et surveiller son poids :

  • Faire 3 repas par jour et pourquoi pas une collation dans la journée.
  • Ne pas hésiter à manger des aliments considérés comme riches : fromage, charcuterie, gâteaux…
  • Manger des protéines tous les jours : viande, poissons, œufs, produits laitiers, légumineuses.
  • Se peser chaque semaine et prévenir son médecin en cas de perte de poids
  • Pratiquer une activité régulière (comme la marche à pied)
  • Maintenir une bonne hygiène dentaire.

Aujourd’hui plus que jamais nous informons, nous dépistons et nous prenons en charge les patients dénutris.

Les patients souffrant de la COVID-19 hospitalisés peuvent t’ils souffrir de dénutrition ?

Les patients atteints de la Covid 19 sont encore plus à risque de dénutrition. Une infection respiratoire sévère induit une inflammation et un hyper catabolisme ainsi qu’une augmentation de la dépense énergétique liée au travail ventilatoire. De plus la prise alimentaire est souvent réduite.Pour pallier à cela, des repas enrichis et/ou à texture modifiée ainsi que des collations sont proposés en systématique à l’entrée du patient dans un service COVID de la clinique.